Marché des bovins de boucherie : des prix toujours élevés et des tensions à l’aval
À l'approche du printemps, le marché des bovins vivants reste marqué par une offre globalement limitée sur tous les segments, qui soutient les prix à des niveaux élevés malgré les tentatives des abatteurs de freiner la hausse.
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Dans sa note hebdomadaire relative au marché des bovins de boucherie du 13 mars, l’analyste Laurent Chupin évoque des disponibilités restreintes sur le segment des vaches allaitantes, avec des femelles de qualité bouchère « toujours bien valorisées à la veille des concours de Pâques » mais aussi un durcissement de l’animation commerciale en Charolaises : « des abatteurs veulent stopper la tendance haussière et cherchent même à réduire les prix face aux disponibilités faibles dans les semaines à venir. »
Pour autant, les volumes devraient rester limités pour les semaines et mois à venir, ce qui devrait maintenir un niveau élevé de prix.
La tension sur l’offre se confirme aussi du côté des vaches laitières ; les prix du lait orientés à la baisse ces derniers temps ne semblent pas provoquer d’accélération des réformes, et certains abattoirs se sont adaptés en passant à quatre jours d’activité.
« Très soucieux car les volumes vont encore s’amoindrir dans les prochains mois », les industriels tâchent de limiter la hausse des prix, précise l’analyste, et ceci « malgré une concurrence toujours très forte pour couvrir les volumes nécessaires au fonctionnement des abattoirs ». Il souligne une hausse modérée des prix la semaine passée pour les Holsteins, les Normandes et les Montbéliardes, tandis que les taureaux de réforme restent bien valorisés.
Le marché des jeunes bovins subit de son côté « la morosité commerciale à l’export malgré des volumes d’abattage très modestes » et des tensions sur la valorisation des pièces arrières. Toujours élevés, les prix se replient légèrement.
Un signal qui devra être suivi de près par les engraisseurs, d'autant que le marché du broutard reste ferme. Sur ce segment, l’offre reste de fait insuffisante face aux besoins, « avec une forte activité de mise en place en France ».
Laurent Chupin souligne que les engraisseurs italiens restent présents mais se montrent prudents, confrontés à la baisse des prix de la viande et à la hausse des coûts de transport. Sur le marché intérieur, la demande reste soutenue et les prix « très élevés dans les bons mâles Charolais, Limousins, Blonds d’Aquitaine ou croisés préparés de moins de 400 kg ». Le marché des femelles aussi reste « tonique, même si les tarifs tendent à se stabiliser ».
Enfin, le marché des veaux confirme sa bonne orientation, avec une demande soutenue des intégrateurs et une « tendance à la fermeté sur l’ensemble des gammes de marchandise ».
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